Willy NFor, auteur-compositeur, chanteur et bassiste camerounais, est mort, mercredi 11 février, à Paris des suites d’un cancer. Il était âgé de quarante-deux ans. Dans la famille des musiciens africains atypiques, Willy Nfor avait trouvé aisément sa place, avec l’album qu’il sortit en 1994, Maisha (Night & Day), composant une musique en équilibre entre tradition et modernité, à la croisée de tous les chemins d’Afrique et d’Occident. Avant de s’installer en 1983 à Paris, où il devint l’un des bassistes les plus en vue de la scène africaine, il avait séjourné au Nigeria, accompagnant pendant deux ans Sonny Okosuns, puis participant à la création du groupe Ghetto Blaster avec qui il prit la direction de Paris. «Il faut venir à Paris pour tout écouter, disait-il. En Afrique, chacun se contente de la musique qui se joue près de lui, ça ne fait pas beaucoup avancer les choses.» Willy Nfor avait accompagné à la basse Mory Kanté (notamment en 1987 sur Akwaba Beach, l’album contenant Yéké Yéké), Lapiro de Mbanga, Kanté Manfila, Aïcha Koné, Mbilia Bel, Manu Dibango et... CharlElie Couture'. Le Monde
L'un des disques de référence de l'Afro beat underground. (anciennement play list sur Radio Nova). Patrick Frémeaux